| 1. Généralités
Les Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication constituent un ensemble d’outils qui dérivent du « concept » numérique. L’expression a fait son apparition vers la fin des années 80 et est devenue actuellement TIC ou les Technologies de l’Information et de la Communication. Leur puissance réside sur les possibilités, sans précédent, qu’elles offrent en matière de partage et d’échange d’informations et de connaissances. L’Internet est sans doute l’exemple le plus connu de tous. C’est un réseau mondial d’échanges d’informations de type voix, données, images et vidéo, avec des possibilités de dialogue en temps réel. C’est un réseau sur lequel une infinité de bases de données et d'outils de toute nature est aujourd’hui disponible pour tous.
Dans ses dimensions technologiques, on distingue particulièrement l’interactivité offerte par les TIC. Les techniques numériques ne sont pas seulement porteuses de sens, mais aussi génératrices de sens. On ne lit pas une image interactive, on l'interroge, on converse avec elle, on la manipule, on travaille à l'intégrer dans sa structure mentale de connaissances. Les processus interactifs donnent une plus grande latitude au récepteur dans la production de sens. Non seulement, il décodifie le message, mais il le codifie. La hiérarchie entre émetteur et récepteur dans le concept classique de la communication tend à devenir obsolète. Les TIC apportent ainsi leur contribution dans la promotion de la créativité. Elles deviennent de plus en plus prépondérantes dans la production de nouvelles valeurs ajoutées. Elles sont à l’origine du nouveau concept de "Société de l'Information" et en constituent son principal support. Dans les pays développés, elles sont utilisées dans presque tous les secteurs d’activité. Son appropriation tardive dans les pays en développement est reconnue comme étant un facteur qui va renforcer encore plus le fossé déjà existant entre le Nord et le Sud, exprimé souvent dans la littérature par « fracture numérique ».
L’intégration de Madagascar dans le processus actuel de mondialisation figure parmi les priorités du gouvernement malgache. Le degré d’appropriation nationale des TIC est un facteur qui va peser sur la réussite de cette mission. Le Ministère des Télécommunications, des Postes et de la Communication a estimé ainsi nécessaire la formulation d’une politique nationale des TIC pour le développement. Ce document constitue son expression. Il a été bâti sur un processus participatif. Cette démarche a débuté par un forum national qui a été suivi d’études et d’ateliers auxquels ont vu la participation de l’ensemble des acteurs socio-économiques. Ce document s’articule ainsi naturellement autour du Document Stratégique pour la Réduction de la Pauvreté (DSRP). Il exprime une vision nationale sur la place des TIC dans la société malgache de demain, une politique nationale pour la construire ainsi qu’une stratégie de mise en œuvre.
Un état des lieux avec ses dimensions géographique, socioculturelle et économique est complété par un aperçu général des opportunités offertes par les TIC, sans oublier les menaces qui sont réelles pour les pays en développement comme Madagascar, ainsi qu’un résumé d’analyse des forces et faiblesses de Madagascar pour l’appropriation des TIC. Ce document définit les grands objectifs nationaux et sectoriels et les différentes stratégies appropriées pour sa mise en œuvre. Elle précise par ailleurs les objectifs spécifiques sans lesquels la mise en chantier des politiques sectorielles sera aléatoire. Cette mise en œuvre, d'une importance capitale pour la réussite de la politique, fixe les axes prioritaires et les travaux urgents à réaliser pour atteindre les résultats escomptés.
Les acteurs de premier plan et leur responsabilité dans la réalisation de cette politique nationale sont mis en exergue dans ce document. Les actions seront menées dans un nouveau cadre institutionnel qui y est largement détaillé. Il a été tenu compte de la libéralisation progressive du secteur, étape nécessaire dans le contexte actuel de l'économie mondiale dans laquelle les TIC occupent désormais une position privilégiée.
Globalement, ce cadre comprend plusieurs structures associant l'Etat, les organismes qui lui sont rattachés, les OSCs et le secteur privé. Les fonctions associées sont essentiellement : la définition et la mise en place d'un cadre réglementaire, les orientations et la veille stratégique, la mise en œuvre opérationnelle et le suivi évaluation. L'Etat joue le rôle d'impulsion pour assurer sa réussite. Le secteur privé et les OSCs en sont les principaux partenaires et/ou acteurs.
Ainsi, le document actuel de politique et stratégies nationales s'articule autour des points ci-après :
- Une vision stratégique découlant de celles du DSRP et qui constitue les enjeux et le défi permanent pour un développement durable et rapide par les TICs.
- La justification de la démarche.
- Un état des lieux faisant apparaître les forces et faiblesses, les opportunités et menaces.
- La politique et les stratégies nationales adoptées.
- Les acteurs ainsi que le cadre institutionnel.
Il servira de document de référence au gouvernement et à tous les acteurs impliqués dans le processus afin de préciser les règles du jeu, de faire converger les intérêts de chaque partie, et de faciliter le partenariat public privé pour un développement harmonisé des TICs à Madagascar. Cette politique nationale détermine les grandes orientations pour renforcer les actions dans les axes prioritaires définis dans le DSRP. Ces axes sont rappelés pour mettre en évidence la cohérence globale de la politique du gouvernement. Trois axes principaux ont été définis dans le DSRP :
- La restauration d’un état de droit et d’une bonne gouvernance. Cela permet à l’Etat d’assumer avec efficacité et dans la transparence son rôle de facilitateur et d’animateur de l’économie.
- La promotion d’une croissance économique à base sociale très élargie. L’objectif est l’accélération de la croissance par les investissements et par l’ouverture économique. Il est également stipulé l’intensification des moyens de production et sa répartition judicieuse pour atteindre un plus large spectre social et géographique de la population. Enfin, il y est clairement mentionné le rôle moteur du secteur privé ainsi que le Programme d’Investissement Public comme levier de développement dans l’affectation des ressources.
- La promotion des systèmes de sécurisation humaine et matérielle et de protection sociale. Elle porte sur la définition et la mise en œuvre de systèmes de gestion spatialisée et solidaire, de programmes de sécurisation alimentaire, de santé, d’éducation, d'habitat, d'environnement, etc. Il y est stipulé le rôle primordial de la commune comme principal fournisseur des services de proximité.
La PNTIC-D vise ainsi à définir les objectifs qui permettent aux TIC de contribuer fortement à ces actions de développement. Elle tient compte des diverses observations exprimées dans de nombreuses ateliers nationaux et en particulier, des opportunités offertes par les TIC exprimées, ainsi que des expériences menées dans d’autres pays.
Les axes stratégiques principaux retenus sont :
- le développement des infrastructures,
- le renforcement des capacités,
- la promotion des contenus et applications endogènes,
- le cadre législatif et réglementaire
- le développement de l'entreprenariat.
Cette politique n'est pas figée et évolue selon les avancées technologiques qui peuvent être source de nouvelles visions et de nouveaux concepts. |